
Un régulateur solaire, un moniteur de batterie et un convertisseur produisent en permanence des données : tension, courant, état de charge, production du jour. Un Raspberry Pi, petit ordinateur à quelques dizaines d’euros, peut les rassembler, les afficher sur un téléphone et déclencher des actions simples. C’est de la domotique sobre : un seul appareil, des logiciels libres, aucun abonnement. À condition de compter sa propre consommation.
Ce que l’on peut faire
- Suivre : un tableau de bord avec la production, la consommation, l’état de charge et l’historique sur plusieurs mois.
- Alerter : un message quand la batterie passe sous un seuil ou qu’un équipement ne répond plus.
- Piloter : allumer une charge quand la batterie est pleine et que le soleil brille, chauffe-eau, pompe de remplissage, recharge d’outils, et la couper quand la réserve baisse. C’est le « délestage » et la valorisation du surplus.
- Mesurer le reste : température, humidité, niveau des cuves, par exemple pour suivre le niveau des cuves à distance.
Récupérer les données
Tout dépend de ce que le matériel sait communiquer.
- Une liaison série propre au fabricant, lue par un câble USB.
- Le protocole Modbus, sur une liaison RS485 : répandu sur les régulateurs et les onduleurs.
- Le Bluetooth, pour certains moniteurs et batteries.
- À défaut : des capteurs de courant et de tension ajoutés, moins précis.
Avant d’acheter un régulateur ou un moniteur, vérifiez que son protocole est documenté ; c’est aussi un critère pour choisir son moniteur de batterie.
Les logiciels
- Home Assistant : une plateforme domotique libre, très complète, avec tableaux de bord et automatismes.
- Node-RED : un outil de programmation par blocs, pratique pour les règles simples.
- Venus OS : le système de supervision publié par Victron Energy, installable sur Raspberry Pi pour le matériel de la marque.
- Un simple script qui enregistre les valeurs, pour ceux qui programment.
Commander des appareils
- Des modules à relais, pilotés par les broches du Raspberry Pi, pour commuter de petites charges en basse tension.
- Des contacteurs commandés par ces relais, pour les charges puissantes.
- Des prises connectées fonctionnant en réseau local, sans passer par Internet.
Tout ce qui touche au 230 V se câble dans un coffret fermé, avec les protections habituelles, selon les règles du câblage en 230 V.
La question de la consommation
Un Raspberry Pi consomme quelques watts, jour et nuit. Sur vingt-quatre heures, cela peut représenter plus que l’éclairage de la cabane, et c’est en hiver que cela pèse, au même titre que les autres consommations fantômes.
- Choisir un modèle sobre : les petites versions consomment bien moins que les plus puissantes.
- Éviter l’écran permanent : on consulte sur son téléphone.
- Couper le Wi-Fi si une liaison filaire suffit.
- Envisager un microcontrôleur de type ESP32 pour les tâches simples : il consomme une fraction de watt et peut dormir entre deux mesures.
L’alimenter correctement
Le Raspberry Pi demande du 5 V stable. On l’obtient par un convertisseur continu-continu de qualité branché sur la batterie, protégé par un fusible ; pas par un chargeur de téléphone sur le convertisseur 230 V, qui obligerait à le laisser allumé.
La fiabilité
- La carte mémoire s’use avec les écritures répétées : un disque SSD ou une carte de qualité, et des sauvegardes.
- Les coupures d’alimentation corrompent le système : une alimentation directe sur la batterie les évite.
- Aucune fonction de sécurité ne doit dépendre de lui : la protection de la batterie contre la décharge profonde reste assurée par le régulateur, le convertisseur ou le système de gestion de la batterie.
Rester en local. Tout peut fonctionner sans Internet : le Raspberry Pi crée son propre point d’accès Wi-Fi, consulté sur place. L’accès à distance, s’il est souhaité, passe par un réseau privé chiffré plutôt que par l’ouverture de ports.
Par où commencer
- Étape 1 : lire et afficher les données du régulateur ou du moniteur.
- Étape 2 : enregistrer un historique.
- Étape 3 : ajouter une alerte de batterie basse.
- Étape 4 : automatiser une seule charge, la plus utile.
Pour qui est-ce utile ?
Un Raspberry Pi donne une vue complète de l’installation et valorise le surplus solaire, pour un coût faible. Il se justifie si l’on aime mettre les mains dans la configuration ; sinon, les applications des fabricants suffisent, et nous avons passé en revue celles qui permettent de suivre sa production.