
Des toilettes sèches fonctionnent sans eau : les matières sont recueillies, recouvertes de litière, puis compostées. Dans les modèles à séparation, l’urine et les matières solides ne se mélangent jamais. C’est ce détail qui supprime l’essentiel des odeurs et réduit le volume à gérer. Le système se fabrique avec peu de moyens, à condition de savoir quoi faire ensuite de ce que l’on récolte.
Pourquoi séparer
L’odeur des toilettes vient surtout du mélange de l’urine et des matières fécales. Séparées, l’urine reste presque inodore si elle est évacuée rapidement, et les matières sèchent au lieu de fermenter. Il faut alors beaucoup moins de litière, donc un seau qui se remplit lentement ; les odeurs diminuent, à condition de ventiler ; et l’on obtient deux produits plus simples à valoriser.
Comment c’est fait
- Un séparateur, ou « siège à séparation » : une pièce moulée dont l’avant canalise l’urine vers un tuyau, tandis que l’arrière s’ouvre sur un seau.
- Un bidon pour l’urine, ou un tuyau vers un dispositif d’infiltration ou de traitement.
- Un seau pour les matières, garni d’un sac compostable ou non.
- Une ventilation : un conduit vers l’extérieur, éventuellement équipé d’un petit ventilateur, met le caisson en légère dépression.
La fabrication maison
- Le caisson : un coffre en contreplaqué ou en bois massif, à hauteur d’assise, avec un abattant et une trappe pour sortir les récipients.
- Le séparateur : il s’achète prêt à poser ; c’est la seule pièce difficile à fabriquer soi-même.
- Les récipients : un seau à couvercle de 20 à 30 litres, un bidon de 10 à 20 litres placé plus bas que le séparateur.
- L’intérieur : des surfaces lisses, vernies ou peintes, faciles à laver.
- La ventilation : un tube de diamètre courant, débouchant dehors, avec grille anti-insectes.
- La litière : une poignée de sciure ou de copeaux après chaque passage sur les matières.
L’utilisation. La séparation fonctionne en position assise, pour tout le monde. On couvre les matières de litière, jamais l’urine. Le papier toilette va dans le seau. Un rappel affiché aide les invités.
Que faire de l’urine
Riche en azote et très peu chargée en germes chez une personne en bonne santé, elle peut servir d’engrais, diluée dans dix à vingt volumes d’eau, au pied des plantes d’ornement et des arbres, hors des périodes de récolte pour les cultures alimentaires. Elle doit être vidée souvent : stockée, elle dégage de l’ammoniac.
Que faire des matières. Elles se compostent dans un bac dédié, fermé aux animaux, pendant deux ans environ, sans nouvel apport la seconde année. Le compost obtenu se réserve aux arbres, haies et massifs d’ornement, pas aux légumes consommés crus.
Ce que prévoit l’arrêté de 2009
L’arrêté du 7 septembre 2009 sur l’assainissement non collectif autorise les toilettes sèches, à condition qu’elles ne génèrent ni nuisance pour le voisinage, ni rejet liquide hors de la parcelle, ni pollution des eaux. Les résidus doivent être valorisés sur la parcelle, sur une aire étanche, à l’abri de la pluie. Les autres eaux usées du logement, cuisine, douche, lavabo, restent soumises à un traitement conforme, par exemple par un filtre planté. Le service public d’assainissement non collectif (SPANC) de votre commune est l’interlocuteur.
Vider, rincer, vérifier
- vider le bidon d’urine tous les deux ou trois jours ;
- rincer le séparateur à l’eau vinaigrée ;
- changer le seau avant qu’il ne déborde, et le laver ;
- vérifier que la ventilation n’est pas obstruée.
Les difficultés courantes
- Des odeurs : ventilation insuffisante, urine qui stagne dans le tuyau, ou séparation mal utilisée.
- Des mouches : seau mal fermé, grille de ventilation absente.
- Un tuyau d’urine entartré : rinçage régulier, pente continue.