
Cuire à l’électricité solaire est une mauvaise idée hors réseau : une plaque ou un four vident une batterie en un repas. La cuisson low-tech prend le problème autrement, en utilisant directement la chaleur du soleil, en la conservant, ou en brûlant très peu de bois. Four solaire, marmite norvégienne, cuiseur à bois économe : ces appareils se fabriquent ou s’achètent à petit prix et se complètent au fil des saisons.
Le four solaire
Il transforme le rayonnement du soleil en chaleur, sans aucun combustible.
- Le four boîte : un caisson isolé, vitré, entouré de réflecteurs. Il atteint des températures de cuisson douce, entre 100 et 150 °C par beau temps. Idéal pour les plats mijotés, les légumes, les céréales, les gâteaux. Simple à construire.
- Le cuiseur parabolique : un miroir concentre les rayons sur la casserole. Il chauffe fort et vite, permet de frire et de saisir, mais demande d’être réorienté souvent et manipulé avec prudence : le point focal brûle et éblouit.
- Le cuiseur à tube sous vide : un tube de verre à double paroi, très isolant, où l’on glisse les aliments. Compact, efficace même par temps frais, de faible capacité.
Ses limites : il lui faut un ciel dégagé et un soleil assez haut. De la fin de l’automne au début du printemps, sous nos latitudes, son usage devient occasionnel. Les cuissons sont longues et se prévoient à l’avance.
La marmite norvégienne
Ce n’est pas un appareil de cuisson, mais une caisse très isolée. On porte le plat à ébullition sur le feu pendant quelques minutes, puis on enferme la casserole dans la caisse : la cuisson se poursuit seule, sur la chaleur accumulée.
- Ses atouts : elle divise fortement la consommation de gaz ou de bois des plats longs, riz, légumes secs, soupes, ragoûts. Rien ne brûle, rien ne déborde, et le plat reste chaud des heures.
- La fabrication : une caisse en bois, un panier ou une glacière, garnis de couvertures, de laine ou de panneaux isolants, épousant la casserole au plus près.
- Les règles : une casserole bien remplie, à couvercle ajusté ; ne pas ouvrir en cours de cuisson ; des temps environ deux fois plus longs que sur le feu.
- L’hygiène : un plat qui reste longtemps tiède devient un bouillon de culture. Si la température est retombée sous 60 °C au moment de servir, reportez à ébullition quelques minutes.
Le cuiseur à bois économe
Inspiré du poêle fusée, il brûle des brindilles et du petit bois dans une chambre de combustion isolée, sous la casserole.
- Ses atouts : très peu de combustible, peu de fumée une fois lancé, une flamme vive concentrée sur le fond du récipient.
- Ses limites : usage extérieur ou sous abri très ventilé, à cause du monoxyde de carbone ; alimentation fréquente ; casseroles noircies.
Le principe est expliqué dans les mini-poêles de masse.
Le poêle qui cuisine
En hiver, le poêle à bois chauffe de toute façon : une plaque de cuisson ou un petit four intégré transforment cette chaleur en repas. C’est la cuisson gratuite de la mauvaise saison, pour peu que l’on ait choisi un petit poêle à plaque de cuisson.
Les alliés
- L’autocuiseur : il réduit le temps de cuisson, donc le combustible, sur n’importe quelle source de chaleur.
- Le couvercle, tout simplement.
- Le trempage des légumes secs et des céréales complètes.
- La bouteille isotherme : remplie d’eau bouillante le matin, elle évite de rallumer le feu pour chaque boisson chaude.
- La cuisson groupée de plusieurs repas.
Combiner selon la saison
- En été : four solaire le jour, marmite norvégienne pour finir et tenir au chaud, un réchaud à gaz en secours.
- À la mi-saison : cuiseur à bois dehors ou gaz, et marmite norvégienne.
- En hiver : le poêle, relayé par la marmite norvégienne.
Et le gaz ?
Un réchaud à gaz reste l’appoint réaliste de la plupart des habitats autonomes : rapide, réglable, disponible par tous les temps. Les techniques ci-dessus servent à en réduire fortement la consommation, pas forcément à l’éliminer ; les règles de sécurité sont rappelées dans le chauffage au gaz GPL.
Ce que cela change pour l’installation solaire
Sortir la cuisson de la batterie est la décision qui allège le plus une installation, comme le montre le calcul des besoins énergétiques.
Le soleil quand il brille, le poêle quand il chauffe, la caisse isolée dans tous les cas : la cuisson low-tech demande surtout de l’anticipation. Les autres équipements sans électricité sont passés en revue dans l’électroménager mécanique.
Sources
- Santé publique France, Monoxyde de carbone