
Avant le moteur électrique, on moulait le café, on battait les œufs, on lavait le linge et on cousait à la force du bras ou du pied. Une partie de ces appareils existe toujours, parfois dans des versions modernes très bien conçues. Hors réseau, ils évitent d’allumer le convertisseur pour trente secondes de mixeur. Tous ne se valent pas : certains remplacent vraiment leur équivalent électrique, d’autres dépannent seulement.
Ceux qui remplacent sans regret
- Le moulin à café manuel : à meules coniques, il moud aussi bien qu’un moulin électrique, en une minute.
- La cafetière à piston, italienne ou à filtre manuel : aucune électricité, seulement de l’eau chaude.
- Le fouet, le batteur à manivelle : pour les œufs, la crème, les pâtes légères.
- Le presse-agrumes, le presse-purée, le moulin à légumes : ce dernier donne soupes et coulis sans mixeur.
- La râpe à tambour et le hachoir à manivelle, fixés au plan de travail.
- Le mortier, pour les épices, les sauces, le pesto.
- Le balai mécanique : ses brosses rotatives ramassent miettes et poussières sur les sols durs et les tapis ras ; dans vingt mètres carrés, il suffit le plus souvent.
- L’étendoir : le sèche-linge est l’appareil dont on se passe le plus facilement.
Ceux qui fonctionnent, avec de l’effort
- Le lave-linge manuel : cuve à manivelle, modèle à pédale ou simple ventouse à linge dans un seau. Ils lavent correctement de petites quantités, mais l’essorage reste le point faible.
- L’essoreuse à manivelle ou à rouleaux : elle retire une bonne partie de l’eau et raccourcit le séchage.
- Le moulin à céréales manuel : la farine fraîche demande du temps et du bras.
- La machine à coudre à pédale : les modèles anciens, en fonte, sont très robustes et se trouvent d’occasion ; un entretien simple leur suffit.
- La perceuse à main, le vilebrequin et l’outillage à main pour le bricolage courant.
Conserver sans électricité
- Le garde-manger ventilé : un placard grillagé sur la façade nord, pour les fruits, les légumes, les œufs, les fromages.
- Le pot en terre cuite à évaporation : deux pots emboîtés séparés par du sable humide. L’évaporation rafraîchit l’intérieur, surtout par temps sec.
- La cave ou le silo enterré, pour les légumes racines.
- Les conserves, le séchage, la lactofermentation.
Aucune de ces solutions ne remplace un réfrigérateur pour la viande, le poisson ou les produits laitiers frais en été, à choisir parmi les modèles basse consommation.
Cuire et chauffer l’eau. Bouilloire sur le poêle ou le gaz, marmite norvégienne, four solaire : voir les appareils de cuisson low-tech.
Ceux qui déçoivent
- Les lave-linge à manivelle de très petite capacité, pour une famille.
- Les mixeurs à ficelle, limités aux petites quantités tendres.
- Les lampes et radios à dynamo, utiles en secours, pénibles au quotidien.
- Les gadgets en plastique léger, dont la manivelle casse en quelques mois.
Reconnaître un bon appareil mécanique
- Des matériaux durables : fonte, acier, inox, bois dur.
- Une fixation solide : étau de table, ventouse efficace ou base lourde. Un appareil qui glisse est un appareil qu’on abandonne.
- Des pièces d’usure remplaçables : meules, joints, lames.
- Un nettoyage simple, sans recoins.
- L’occasion : brocantes et vide-greniers regorgent d’appareils anciens de qualité, à vérifier avant achat.
Mécanique ou électrique sobre ?
Le but n’est pas de tout faire à la main. Un appareil électrique utilisé quelques minutes consomme peu d’énergie ; ce qui coûte, c’est d’allumer un convertisseur pour lui, ou de le laisser en veille, deux consommations fantômes bien connues. Le bon partage :
- À la main : les gestes courts et fréquents.
- À l’électricité, aux heures de soleil : la lessive, l’outillage puissant, en regroupant les usages.
- Sans électricité du tout : tout ce qui chauffe.
L’effet sur l’installation. Chaque appareil dont on se passe réduit la puissance du convertisseur à prévoir et la consommation quotidienne, que l’on chiffre avec le calcul des besoins énergétiques.