Automatiser l’arrosage du potager avec des capteurs solaires

Automatiser l'arrosage du potager avec des capteurs solaires
Crédit : mosug.com

Arroser quand la terre est sèche plutôt qu’à heure fixe : c’est ce que permet un capteur d’humidité relié à une électrovanne. Alimenté par un petit panneau solaire, le système fonctionne loin de toute prise, sur l’eau d’une cuve. Il économise l’eau, précieuse en site autonome, et libère du temps. À condition de bien choisir le capteur, et de ne pas lui demander de remplacer le jardinier.

Le principe

  • Un capteur mesure l’humidité du sol au niveau des racines.
  • Un contrôleur compare la mesure à un seuil et décide d’arroser ou non.
  • Une électrovanne ouvre l’eau.
  • Un réseau de goutte-à-goutte distribue l’eau au pied des plantes.
  • Un petit panneau solaire et une batterie alimentent l’ensemble.

Choisir le capteur

  • Les capteurs résistifs : deux électrodes nues mesurent la conductivité du sol. Très bon marché, mais ils se corrodent en une saison et leur mesure dépend des engrais et des sels.
  • Les capteurs capacitifs : les électrodes sont isolées, donc durables. La mesure reste relative : elle demande un étalonnage dans votre terre.
  • Les tensiomètres : ils mesurent l’effort que la plante doit fournir pour extraire l’eau, quelle que soit la nature du sol. C’est l’indication la plus pertinente pour l’arrosage ; ils demandent un peu d’entretien.

Un capteur ne renseigne que sur l’endroit où il est planté : placez-le dans la zone des racines, à mi-distance entre deux goutteurs, dans une planche représentative.

Choisir l’électrovanne

  • À impulsion, dite bistable : elle ne consomme qu’au moment de s’ouvrir et de se fermer. C’est le type à retenir pour une alimentation solaire ou sur piles.
  • Compatible basse pression, si l’eau vient d’une cuve par gravité : beaucoup d’électrovannes de jardin ont besoin de la pression du réseau pour fonctionner. Les vannes motorisées à boisseau s’ouvrent sans pression.

Trois niveaux de système

  • Le programmateur du commerce avec sonde d’humidité : un boîtier sur piles ou à petit panneau intégré, qui annule l’arrosage programmé quand le sol est humide. Le plus simple.
  • Le kit solaire autonome : panneau, pompe et programmateur, pour arroser depuis un récupérateur sans pression.
  • Le montage à microcontrôleur : une carte de type ESP32 ou Arduino, un capteur capacitif, un relais, un petit panneau. On règle seuils et durées, on enregistre les mesures, on reçoit des alertes, sur le modèle de la supervision par Raspberry Pi.

L’alimentation solaire

Les besoins sont minimes : le contrôleur dort entre deux mesures, et la vanne ne consomme que par impulsions. Un panneau de quelques watts et une petite batterie suffisent, à condition de protéger l’électronique dans un boîtier étanche et ventilé, à l’ombre.

L’eau

  • Depuis une cuve en hauteur : un mètre de dénivelé donne déjà de quoi alimenter des goutteurs basse pression.
  • Avec une pompe : pilotée par le même contrôleur, de préférence une pompe basse consommation.
  • Un filtre en tête de réseau, indispensable avec l’eau de pluie : les goutteurs se bouchent vite.
  • Un niveau surveillé, pour ne pas faire tourner une pompe à sec, grâce à un capteur de niveau.

L’eau de pluie est autorisée pour l’arrosage, comme le précise notre article sur la réglementation.

Les réglages

  • Le seuil de déclenchement, à ajuster en observant les plantes pendant deux semaines.
  • La durée d’arrosage : des apports assez longs pour mouiller en profondeur, plutôt que de brèves aspersions fréquentes.
  • Une plage horaire : tôt le matin ou le soir.
  • Une durée maximale de sécurité, qui ferme la vanne quoi qu’indique le capteur.

Les sécurités

  • Un capteur en panne peut indiquer « sec » en permanence et vider la cuve : la durée maximale et un volume quotidien plafonné l’évitent.
  • Une vanne normalement fermée, qui coupe l’eau en cas de panne d’alimentation.
  • La vidange avant le gel, selon nos conseils pour les canalisations.

Ce que l’automatisme ne remplace pas

  • Le paillage, qui divise les besoins en eau.
  • Le regard : une plante malade, un goutteur bouché ou un tuyau percé ne se voient pas sur un capteur.
  • Les semis et jeunes plants, à arroser à la main.

Avant et après la saison. Nettoyer le filtre, contrôler les goutteurs, vérifier le capteur au printemps, rentrer l’électronique en hiver.

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