
Une micromaison autonome consomme l’eau qu’elle a stockée : pluie collectée sur le toit, eau livrée ou pompée. Reste à décider où la mettre. La cuve enterrée conserve mieux l’eau et disparaît du paysage ; le réservoir aérien coûte moins cher et s’installe en une heure. Le choix dépend du volume, du climat, du budget, et du caractère fixe ou mobile de l’habitat.
De quel volume a-t-on besoin ?
Tout dépend des usages et de la durée entre deux remplissages. En habitat autonome sobre, toilettes sèches et douches courtes, on compte quelques dizaines de litres par personne et par jour. Pour la pluie, le volume utile dépend de la surface de toiture et des précipitations locales : une petite toiture ne remplira jamais une grande cuve.
Le réservoir aérien
Cuves de 1 000 litres sur palette, récupérateurs en polyéthylène, citernes souples.
- Ses atouts : prix bas, pose immédiate sans terrassement, déplacement possible, niveau visible, entretien facile. Surélevé, il alimente les robinets par gravité.
- Ses limites : exposé à la lumière, il verdit ; la chaleur d’été réchauffe l’eau et favorise les bactéries ; le gel peut le fendre et impose une vidange dans les régions froides. Il occupe de la place et se voit.
La cuve enterrée
En polyéthylène ou en béton, de quelques mètres cubes.
- Ses atouts : l’eau reste fraîche, à l’abri de la lumière et du gel, donc de meilleure qualité. Aucune emprise visible, grands volumes possibles. Le béton neutralise en partie l’acidité de l’eau de pluie.
- Ses limites : terrassement et manutention coûteux, pompe obligatoire, accès moins simple pour le nettoyage. Elle est définitive : on ne l’emporte pas en déménageant.
Semi-enterré, la voie moyenne. Une cuve partiellement enterrée ou adossée à un talus, protégée par un abri isolé, combine fraîcheur relative et terrassement réduit.
Protéger l’eau dans un réservoir aérien
- De la lumière : cuve opaque, ou habillage en bois, bâche, peinture.
- De la chaleur : placement au nord, à l’ombre.
- Des insectes : toutes les ouvertures grillagées, couvercle fermé.
- Du gel : vidange, ou local hors gel, selon les précautions contre le gel.
Poser une cuve enterrée
- Respecter la notice du fabricant pour le lit de pose, le remblai et la profondeur.
- Attention à la nappe : dans un terrain gorgé d’eau, une cuve vide peut remonter ; un ancrage est parfois nécessaire.
- Ne pas circuler dessus en véhicule, sauf modèle prévu.
- Garder un regard d’accès et un trop-plein raccordé à un exutoire.
Les équipements communs
- Une filtration en amont : grille de gouttière et filtre avant la cuve.
- Une arrivée d’eau calmée, qui ne remue pas les dépôts du fond.
- Un trop-plein avec grille anti-rongeurs.
- Une crépine flottante, qui puise sous la surface.
- Une jauge, que l’on peut lire à distance.
Le poids, pour un habitat mobile. Mille litres d’eau pèsent une tonne. Une micromaison sur remorque ne roule pas avec sa réserve pleine : on prévoit une petite cuve embarquée, vidée avant le départ, et le stockage principal reste au sol, sur le terrain.
Garder une cuve propre
- vérifier filtres et gouttières deux fois par an ;
- inspecter la cuve une fois par an ;
- nettoyer le fond quand les dépôts s’accumulent, tous les quelques années ;
- rincer et désinfecter un réservoir destiné à de l’eau de boisson livrée, selon les préconisations du fabricant.
Mobile ou définitif ?
- Habitat mobile, terrain loué, petit budget : réservoirs aériens protégés.
- Installation définitive, climat froid ou très chaud, gros volume : cuve enterrée.
- Entre les deux : semi-enterré sous abri.
Les usages permis pour l’eau de pluie sont rappelés dans ce que dit la loi, le traitement dans quel système de filtration pour l’eau de pluie, et le pompage dans quelle pompe à eau basse consommation choisir.