
Une batterie qui se vide alors que « tout est éteint » : le scénario est classique hors réseau. Les coupables sont les consommations fantômes, ces quelques watts absorbés en permanence par les veilles, les chargeurs et surtout le convertisseur. Chacune semble négligeable ; additionnées sur vingt-quatre heures, elles peuvent dépasser la consommation de l’éclairage. La bonne nouvelle : elles se mesurent, et se suppriment presque toutes.
Pourquoi quelques watts comptent
Un watt consommé en continu représente 24 Wh par jour. Dix watts de veilles, c’est 240 Wh quotidiens : en hiver, cela peut correspondre à toute la production d’un panneau. Sur le réseau, ces pertes passent inaperçues ; sur batterie, elles décident de l’autonomie.
Les suspects habituels
- Le convertisseur : allumé sans rien alimenter, il consomme de quelques watts à plusieurs dizaines. C’est souvent le premier poste.
- La box internet et le routeur.
- Les veilles : téléviseur, chaîne, écran, imprimante, console.
- Les chargeurs laissés sur la prise, les blocs d’alimentation.
- Les afficheurs et horloges des appareils de cuisine.
- La domotique elle-même : prises connectées, passerelles, mini-ordinateur, comme un Raspberry Pi de supervision.
- Les détecteurs, la ventilation, les circulateurs.
Mesurer
- Avec le moniteur de batterie : le soir, tout éteint, relevez le courant affiché. C’est votre consommation de fond. Coupez ensuite les circuits un par un pour voir lequel la fait baisser ; si vous n’en avez pas, voici comment installer un moniteur de batterie.
- Avec un wattmètre de prise : il mesure un appareil 230 V en veille. Les modèles bon marché sont peu précis en dessous d’un watt.
- Avec une pince ampèremétrique pour courant continu, sur les circuits 12 V.
Traiter le convertisseur
- L’éteindre quand aucun appareil 230 V ne sert : un interrupteur de commande à distance, placé à un endroit pratique, change les habitudes.
- Activer le mode économie s’il existe : le convertisseur se met en veille et se réveille quand une charge est détectée. Les très petites charges peuvent ne pas le réveiller.
- Choisir la bonne taille : un convertisseur surdimensionné consomme plus à vide, l’un des critères de notre guide d’achat des convertisseurs.
- Passer en courant continu ce qui tourne en permanence, pour ne plus avoir besoin du 230 V la nuit.
Supprimer les veilles
Des multiprises à interrupteur, par groupe d’appareils, coin bureau ou coin multimédia, coupent tout d’un geste ; un interrupteur par circuit au tableau fait de même à plus grande échelle. Des programmateurs se chargent de ce qui n’a pas besoin de fonctionner la nuit, la box par exemple. Et l’on débranche les chargeurs après usage.
Alimenter directement en courant continu
Beaucoup d’appareils fonctionnent en réalité en basse tension, derrière leur bloc secteur : box, ordinateur portable, éclairage, téléphone. Les alimenter par un convertisseur continu-continu adapté évite la double conversion, batterie vers 230 V puis 230 V vers basse tension, et ses pertes : c’est le principe de l’éclairage LED en 12 V direct, à condition de respecter les règles du câblage basse tension.
Les consommations utiles, à garder
- le réfrigérateur, à choisir parmi les modèles basse consommation ;
- la ventilation ;
- les détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone ;
- le système de gestion de la batterie.
L’objectif n’est pas zéro, mais zéro inutile.
Une méthode en quatre temps
- Mesurer la consommation de fond.
- Identifier chaque contributeur, circuit par circuit.
- Supprimer ou regrouper sur interrupteur.
- Vérifier au moniteur, puis recommencer dans quelques mois : les fantômes reviennent avec chaque nouvel appareil.
Ce que l’on y gagne
Réduire la consommation de fond revient à agrandir son installation sans rien acheter : la batterie tient plus longtemps la nuit, et les panneaux d’hiver suffisent plus souvent, saison la plus délicate, comme le décrit vivre hors réseau l’hiver. C’est aussi la première étape avant tout redimensionnement, que l’on reprend avec le calcul des besoins énergétiques.