
En hiver, une installation solaire produit beaucoup moins qu’en été : les jours sont courts, le soleil est bas et le ciel souvent couvert. En France, la production de décembre peut être plusieurs fois inférieure à celle de juillet, alors que les besoins en éclairage augmentent. Vivre hors réseau toute l’année demande donc de s’y préparer, du côté de la production comme de la consommation.
Mesurer l’écart
L’outil PVGIS fournit la production attendue mois par mois pour votre adresse et votre inclinaison de panneaux. C’est le chiffre de décembre et de janvier qu’il faut regarder, pas la moyenne annuelle. Il existe aussi de fortes variations d’un jour à l’autre : une semaine de brouillard ne produit presque rien.
Redresser les panneaux
Le soleil d’hiver est bas sur l’horizon. Un panneau incliné à 60° ou davantage capte mieux ses rayons qu’un panneau à 30°, et se débarrasse plus facilement de la neige. Si la structure le permet, un réglage saisonnier de l’inclinaison améliore nettement la production des mois faibles. Vérifiez aussi les ombres : un arbre qui ne gêne pas en juin peut masquer les panneaux en décembre.
Agrandir le champ de panneaux. Les panneaux étant devenus bon marché, surdimensionner le champ pour l’hiver est souvent la solution la plus économique. L’excédent d’été est simplement perdu, ou sert à chauffer de l’eau ; pour l’eau chaude, un chauffe-eau solaire thermique fait d’ailleurs mieux, pour moins cher.
Ménager les batteries
Le plomb n’aime pas rester déchargé : plusieurs semaines à mi-charge l’abîment durablement. Le lithium tolère la charge partielle, mais ne doit pas être rechargé quand ses cellules sont sous 0 °C. Et le froid réduit la capacité disponible de toutes les batteries. Placez donc le parc dans un volume tempéré, ou au moins isolé, comme nous l’expliquons en comparant batteries lithium et gel.
Réduire la consommation
C’est le levier le plus efficace.
- Décaler les usages gourmands aux heures ensoleillées : lessive, charge des outils, pompage.
- Supprimer les veilles et éteindre le convertisseur quand il ne sert pas, ces consommations fantômes qui pèsent lourd en hiver.
- Passer l’éclairage en LED, en courant continu si possible.
- Sortir du solaire ce qui chauffe : cuisson, chauffage et eau chaude relèvent du bois ou du gaz, pas de la batterie.
- Profiter du froid : en hiver, un garde-manger extérieur peut soulager le réfrigérateur.
Prévoir un appoint
- Le groupe électrogène : bruyant et gourmand, mais il sauve une batterie après dix jours gris. Un chargeur adapté permet de le faire tourner peu de temps.
- Une petite éolienne ou une turbine hydraulique : intéressantes seulement si le site s’y prête vraiment.
- Un raccordement ponctuel, si le réseau est accessible.
Surveiller l’état de charge. Un moniteur de batterie indique ce qui entre, ce qui sort et ce qui reste. C’est l’instrument qui permet d’adapter sa consommation au jour le jour : nous expliquons comment l’installer.
Entretenir en hiver
- déneiger les panneaux avec une raclette souple, sans eau chaude ;
- nettoyer les salissures, plus gênantes quand la lumière est faible ;
- vérifier les connexions, que les écarts de température desserrent ;
- garder les batteries propres et sèches.
Dimensionner pour l’hiver, ou accepter un compromis
Couvrir tous les besoins de décembre par le seul solaire impose une installation trois ou quatre fois plus grande que nécessaire en été. Beaucoup d’habitants hors réseau choisissent un compromis : une installation confortable de mars à octobre, de la sobriété et un appoint de novembre à février. Le calcul est décrit dans le dimensionnement d’un kit solaire autonome.
Sources
- PVGIS, outil gratuit de la Commission européenne pour estimer la production d’une installation solaire selon le lieu et l’inclinaison des panneaux