
La fibre de bois est devenue l’isolant biosourcé le plus courant en construction à ossature bois. Fabriquée à partir de chutes de scierie défibrées, elle existe en panneaux souples et en panneaux rigides, deux produits aux usages différents. Dans un petit espace, son principal atout est le confort d’été ; sa principale contrainte, le poids des panneaux denses.
Deux familles de produits
- Les panneaux souples, de faible densité : ils se glissent entre les montants, les chevrons ou les solives, et tiennent par friction.
- Les panneaux rigides, beaucoup plus denses : ils se posent en couche continue, sur l’ossature ou sur les chevrons. Certains, traités pour résister à l’eau, servent à la fois d’isolant complémentaire et de pare-pluie, ou de support d’enduit.
Il existe aussi de la fibre de bois en vrac, à insuffler.
Les avantages
- En hiver : une conductivité thermique comparable à celle des autres laines, autour de 0,036 à 0,046 W/m.K selon la densité.
- En été : c’est son point fort. Dense et dotée d’une capacité thermique élevée, elle retarde de plusieurs heures l’arrivée de la chaleur à l’intérieur.
- Face à la vapeur d’eau : elle absorbe et restitue l’humidité, ce qui sécurise les parois ouvertes à la diffusion.
- En acoustique : bonne atténuation des bruits.
- Pour l’environnement : une ressource renouvelable, issue de sous-produits.
Poids, eau, prix
- Le poids des panneaux rigides, à compter sur une micromaison routière.
- L’eau liquide : un panneau détrempé se dégrade. Protection du chantier et pare-pluie soigné sont indispensables.
- Le prix, supérieur à celui des laines minérales.
- La poussière de découpe.
- Le feu : comme tout isolant combustible, elle doit être protégée par un parement adapté, et tenue à distance d’un conduit de fumée.
Dans un petit espace : où la mettre
La toiture d’abord : c’est là que le déphasage rapporte le plus, et un panneau rigide posé sur les chevrons, complété par un isolant souple entre chevrons, forme une toiture confortable en été. Dans les murs, des panneaux souples se logent entre les montants, et un panneau rigide mince à l’extérieur coupe les ponts thermiques de l’ossature. En plancher, la fibre de bois se pose entre solives, maintenue par une sous-face.
La pose des panneaux souples
- Mesurer l’espace entre montants et couper un centimètre plus large.
- Découper avec un couteau à isolant, une scie égoïne à denture ondulée ou une scie sabre équipée d’une lame adaptée.
- Insérer sans comprimer, bord à bord, sans vide.
- Croiser les joints quand il y a deux couches.
- Poser le frein-vapeur côté intérieur et coller ses raccords, en suivant ces étapes.
La pose des panneaux rigides
- Emboîter les panneaux à rainures et languettes, joints décalés.
- Fixer à travers une contre-latte, avec les vis prévues par le fabricant.
- Traiter les découpes et les raccords selon la notice, surtout si le panneau sert de pare-pluie.
- Ménager une lame d’air ventilée derrière le bardage ou sous la couverture.
Les précautions de chantier
- stocker à plat, au sec, sous abri ;
- porter un masque antipoussière et des lunettes à la découpe ;
- ne pas laisser un panneau exposé aux intempéries au-delà de la durée admise par le fabricant.
Quelle épaisseur
Elle dépend de la résistance thermique visée et de la place disponible : la résistance est égale à l’épaisseur divisée par la conductivité. Dans une paroi de micromaison, on remplit en général toute l’épaisseur de l’ossature, et l’on ajoute un panneau continu si le gabarit le permet.
La fibre de bois est le bon choix quand le confort d’été compte, en toiture surtout. Elle est comparée au liège et au chanvre dans laine de bois, liège ou chanvre, à la ouate dans l’isolation en ouate de cellulose, et située parmi les autres isolants dans le choix d’un isolant selon la région.
Sources
- ADEME, Isoler son logement, guide pratique, édition 2016 (PDF)