
On peut isoler une paroi par l’intérieur, par l’extérieur, ou dans son épaisseur. Dans une maison, l’isolation par l’extérieur est généralement la plus performante. Dans une micromaison, la question se pose autrement : la largeur et la hauteur hors tout sont limitées pour circuler sur la route, et chaque centimètre ajouté d’un côté est retiré de l’autre.
Trois façons d’isoler
- Dans l’ossature : l’isolant remplit l’espace entre les montants. C’est la base de toute construction à ossature bois.
- Par l’extérieur : une couche continue d’isolant recouvre l’ossature, sous le bardage.
- Par l’intérieur : une couche d’isolant est ajoutée côté pièce, derrière le parement.
En pratique, la question est de savoir où placer la couche complémentaire qui s’ajoute à l’isolant de l’ossature.
L’isolation par l’extérieur
- Ses atouts : elle recouvre les montants, les lisses et les jonctions, donc supprime la plupart des ponts thermiques. L’ossature reste au chaud et au sec, ce qui la protège de la condensation. Le volume intérieur est intégralement conservé.
- Ses limites : elle élargit et rehausse la construction. Elle demande un pare-pluie, un contre-lattage et un bardage refaits, et un traitement soigné du tour des fenêtres.
Un panneau rigide de fibre de bois, qui sert aussi de pare-pluie, est la solution la plus courante.
L’isolation par l’intérieur
- Ses atouts : simple à réaliser, à l’abri des intempéries, sans toucher au bardage. Elle convient à la rénovation d’une cabane existante et permet de créer un vide technique pour les gaines.
- Ses limites : elle réduit la surface habitable. Les ponts thermiques aux jonctions avec le plancher, la toiture et les cloisons subsistent. L’ossature se retrouve du côté froid : la gestion de la vapeur d’eau doit être irréprochable.
La contrainte du gabarit routier
Une micromaison tractée sans convoi exceptionnel ne doit pas dépasser 2,55 m de large, et sa hauteur est limitée par les ouvrages à franchir. Chaque centimètre d’isolant extérieur se prend donc sur la largeur intérieure. Le raisonnement devient un arbitrage : où l’épaisseur est-elle la plus utile ?
Une stratégie par paroi
- La toiture : c’est là que les déperditions et la surchauffe sont les plus fortes, et que l’on peut le plus facilement ajouter une couche continue par l’extérieur, dans la limite de la hauteur.
- Les murs : isolant dans toute l’épaisseur de l’ossature, plus une couche mince et continue à l’extérieur, de deux à quatre centimètres, qui coupe les ponts thermiques sans trop entamer la largeur.
- Le plancher : isolant entre les traverses du châssis ou les solives, avec une sous-face de protection ; l’acier de la remorque est un pont thermique à recouvrir.
Pour une micromaison fixe ou une cabane. Sans contrainte de gabarit, l’isolation par l’extérieur retrouve tout son intérêt : elle se réalise en même temps que le bardage et préserve l’espace intérieur, précieux dans vingt mètres carrés.
Pour une cabane existante
Si le bardage est en bon état et que l’on ne veut pas le déposer, l’isolation par l’intérieur s’impose, en acceptant la perte de surface : deux articles vous y aideront, rénover un abri de jardin en bois et quels panneaux isolants pour les murs intérieurs.
La vapeur d’eau, dans tous les cas
- Frein-vapeur continu côté intérieur.
- Paroi de plus en plus ouverte à la vapeur vers l’extérieur.
- Lame d’air ventilée derrière le bardage.
Voir comment poser un pare-vapeur.
Ne pas oublier l’air
Quelle que soit la stratégie, une enveloppe qui fuit ruine le résultat, sujet de notre article sur l’étanchéité à l’air.
Isoler dans l’ossature, puis ajouter à l’extérieur ce que le gabarit autorise, en donnant la priorité à la toiture : c’est le compromis le plus fréquent en micromaison routière. Le choix des matériaux est détaillé dans les isolants biosourcés et le climat, et les malfaçons à éviter dans les erreurs qui ruinent une isolation.
Sources
- ADEME, Isoler son logement, guide pratique, édition 2016 (PDF)